Ce dimanche 23 mars, Antoine Nouis a terminé sa série de cultes-conférences « A la découverte de Paul ». Cette fois-ci sur le thème de « Paul et la Croix. »
Dans l’évangile de Luc, à trois reprises Jésus annonce sa passion et dans chacun des trois cas, les disciples ne comprennent rien, quand bien-même la transfiguration authentifie cette annonce. A la décharge des disciples, comment imaginer que celui qui était le « saint » de Dieu soit mort de la mort la plus ignoble qu’on puisse imaginer ? De fait, la crucifixion du Christ est un désastre, une dévastation pour les disciples qui pensent s’être trompés de Messie (cf. Pèlerins d’Emmaüs). Cependant, la dernière parole de l’Evangile, sera une parole de résurrection, de vie. Dès lors, que s’est-il passé pour que les disciples trouvent le courage de témoigner à nouveau ? Des disciples qui seront intimement convaincus par la résurrection. « Ce qui donne une crédibilité historique à la résurrection. C’est ce changement de pensée pour savoir quel sens donner à la croix, qui sera le travail de Paul et de la toute première Église », observe Antoine.
Paul apporte trois réponses, l’une théologique, l’autre spirituelle et la troisième éthique. Après la création, Dieu qui n’entend pas remplacer les humains, décide de faire alliance avec Noé, Abraham et Moïse. Trois alliances où la part de l’humain deviendra chaque fois plus importante. Bien des siècles plus tard, une nouvelle alliance intervient dans l’incarnation : Dieu rentre dans le temps et dans l’espace des humains en devenant homme. Dieu accepte de renoncer à sa part de divinité afin de permettre à l’humain d’exister par amour. « L’amour, au sens biblique, c’est un acte, un geste pour permettre à l’humain de grandir, de s’épanouir dans toutes les dimensions de son humanité. Dieu meurt par amour », rappelle Antoine.
Par sa mort sacrificielle, Jésus nous réconcilie avec Dieu. Un sacrifice parfait est offert. Symboliquement, à partir de la croix, Dieu descend du trône de la justice pour monter sur celui de la miséricorde. Pourquoi ? Pour nous faire paraître saint, sans défaut et sans reproche devant Dieu. L’homme est à la fois juste et pêcheur affirmera Martin Luther. Quant à l’éthique, celle-ci concerne mon comportement avec mon prochain et la place que je lui laisse. La croix, à savoir le rejet du Christ, est en fait le fondement d’une réalité nouvelle. Jésus se vide de lui-même pour permettre à l’autre d’exister, notamment dans sa relation avec l’autre. Dieu s’est révélé par la croix aux humains et c’est à partir de là que nous devons considérer notre regard sur Dieu, nous-même et notre prochain. « Je vous ai fait savoir ce mystère », a déclaré Paul qui fut le premier théologien du christianisme.