Le redoux arriva enfin après une semaine enneigée pendant laquelle Paris s’était figé. Cela n’avait cependant pas empêché de continuer à comptabiliser les dons généreux de fin d’année. Guillaume poussa la porte du bureau et trouva François déjà installé, deux tasses de café fumant sur la table, accompagnées d’une galette des rois encore intacte.
« Bonjour François, alors on célèbre la fin de la campagne et on fait le bilan aujourd’hui ? » lança Guillaume.
François se frotta les mains avec excitation. « Bonjour Guillaume, oui c’est entre autres pour célébrer l’atteinte de notre objectif ! Enfin… presque. »
Guillaume s’assit, intrigué. « Comment ça enfin presque ? »
François ouvrit son ordinateur d’un geste « presque » théâtral. « Voilà deux mois que nous avons lancé cette campagne. Il y a eu des messages d’encouragement successifs, un baromètre de dons qui a grimpé petit à petit, et aujourd’hui, nous avons les chiffres « presque » définitifs. »
Il fit pivoter l’écran vers Guillaume. Les colonnes de chiffres dansaient sous ses yeux.
Le grand décompte

« 460 621 euros ! » annonça François d’une voix solennelle. « C’est ce que nous avons comptabilisé au total en dons nominatifs pour cette année dont 240 000 euros pendant la campagne. »

Guillaume fronça les sourcils. « Mais… l’objectif était de 490 000 euros. Cela fait un écart de quasiment… »
« 29 379 euros, » compléta François. « Sur le papier, nous avons « presque » atteint notre but. »
Un silence s’installa. Guillaume sentit une pointe de déception l’envahir. Six semaines d’énergie, de mobilisation, de récits hebdomadaires n’avaient apparemment pas suffi ? Mais François leva la main en souriant.
« Attends, Guillaume. Tu connais notre paroisse. Les donateurs de fin de campagne nous réservent toujours de belles surprises. »
« Que veux-tu dire ? »
François cliqua sur un autre onglet. « Certains paroissiens ont donné par le biais de la Fondation Martin Bucer. Nous n’aurons pas les chiffres définitifs avant le 20 janvier. »
« Et concrètement ? tu peux déjà estimer un montant en te basant sur les années passées ? »
« Environ 30 000 euros. Et l’autre excellente nouvelle, c’est que nous avons déjà reçu 77 500 euros via Martin Bucer en 2025, soit 21 000 euros de plus que l’an dernier…”
Guillaume écarquilla les yeux. « Tu veux dire que… »
« Oui, Guillaume. Si ces dons sont confirmés comme prévu, nous aurons non seulement atteint notre objectif, mais nous l’aurons peut-être même dépassé. » François leva sa tasse de café comme pour un toast. « 490 000 euros. Mission accomplie ! »
Guillaume approcha une chaise, un large sourire illuminant son visage. « Incroyable. Vraiment incroyable. »

« Et ce n’est pas tout, » ajouta François en découpant deux parts de galette. « Regarde ces chiffres-ci. »
La force de la régularité
Guillaume se pencha sur l’écran. Une nouvelle feuille de calcul s’affichait, plus modeste en apparence, mais non moins significative.
« Les dons mensualisés, » murmura-t-il.
« Exactement. Aujourd’hui, nous comptons 103 donateurs réguliers qui nous soutiennent par virements ou prélèvements automatiques. »
« 103… C’est davantage que je ne pensais ! »
François hocha la tête. « Et ce n’est pas qu’une question de nombre de donateurs. Ces 103 personnes représentent un montant annuel de 170 000 euros. Soit un don moyen de 137,50 euros par mois et par personne. »
Guillaume s’assura que sa mèche était bien en place et laissa échapper un sifflement admiratif. « C’est… c’est énorme. Tu te rends compte ? Ces personnes ont choisi de nous accompagner non pas une fois, mais mois après mois. C’est vraiment un engagement, une fidélité… »
« Une résolution de vivre l’Église autrement, » compléta François. « Ces paroissiens ont décidé d’intégrer leur soutien à l’Église dans leur quotidien. Finalement de la même façon qu’ils règlent leur abonnement internet : régulier, automatique, et tellement plus simple. »
Guillaume prit une gorgée de café, pensif. « Tu sais, François, je crois que c’est là le véritable succès de cette campagne. »
« Comment ça ? »
« Nous avons atteint notre objectif financier, c’est vrai. Mais nous avons aussi semé quelque chose de plus profond : l’idée que le soutien à notre communauté peut s’inscrire dans la durée, dans la régularité, dans la simplicité. »
François répondit avec enthousiasme. « Et imagine si nous arrivions à doubler ce nombre. 200 donateurs réguliers. Ce serait… »
« Une transformation durable… » acheva Guillaume.
L’appel pour 2026
François se leva et s’approcha de la fenêtre. Dehors, le toit du temple était baigné de cette lumière pâle si particulière aux débuts d’année.
« Guillaume, » dit-il sans se retourner, « je crois que le moment est venu de lancer un nouveau défi. »
« Lequel ? »
« Unissons-nous pour atteindre les 200 donateurs réguliers ! »
François se retourna, les yeux brillants derrière ses lunettes. « Pense à ce que cela signifierait. 200 foyers, 200 personnes qui choisissent de soutenir notre paroisse mois après mois. Une base solide, prévisible, qui nous permettrait de planifier sereinement les projets, de répondre aux besoins de notre communauté sans toujours courir après les financements. »
La gratitude avant tout
Puis il referma son ordinateur avec un soupir de satisfaction. « Mais avant de lancer ce nouvel appel, il y a quelque chose d’essentiel à faire. »
« Remercier, » dit Guillaume simplement. « Remercier. Chaque donateur, chaque membre de la communauté qui a répondu présent. Remercier tous ceux qui ont cru en ce projet. »
François leva sa part de galette. « À notre communauté ! »
« À notre communauté, » répondit Guillaume « Et à l’avenir que nous construisons ensemble, avec ou sans la fève, mais toujours dans la Foi ! »
Avec toute notre reconnaissance et nos meilleurs vœux pour cette nouvelle année !
Guillaume Keller et François Rufenacht, vos trésoriers