Culte chaque dimanche à 10h30
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La diplomatie au péril des valeurs, dîner-débat du 29 janvier 2026

En donnant une place prépondérante au respect des principes fondateurs des démocraties occidentales (les « valeurs »), la politique étrangère et la diplomatie de la France n’ont-elles pas manqué de réalisme ? Telle était la question posée lors de ce débat.

Pour ce troisième dîner-débat de la saison, nous étions près d’une centaine pour écouter Jean de Gliniasty, ancien ambassadeur de France en Russie (2009-2013), directeur de recherche à l’IRIS, auteur de plusieurs ouvrages sur la diplomatie française. Organisé par Florence Guémy et Geneviève Murray, entourées d’une fidèle équipe, le débat a été précédé d’un généreux buffet qui a donné un ton convivial à cette soirée passionnante et très réussie.

Après avoir retracé les grandes étapes historiques de l’émergence d’une organisation fondée sur la souveraineté des états, prélude à la création d’un droit international, nous abordons les traités de Versailles et les 14 points de Thomas Woodrow Wilson, président des Etats-Unis, qui font entrer le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et certains idéaux de la Révolution française basés sur les droits de l’homme dans le concert des nations.

La fin de la deuxième guerre mondiale consacre les deux grandes puissances et deux idéologies antagonistes. L’écroulement de l’URSS en 1990 semble donner raison aux porteurs des valeurs occidentales, démocratie, droits de l’homme, état de droit et les Etats-Unis imposent leur modèle, contesté par la Russie, la Chine et l’islamisme radical à partir de 2000 qui dénoncent « l’hubris occidental », et mettent une Europe désunie dans une situation dangereuse.

Dans ce monde disputé par les hypers puissances, la France se cherche avec une diplomatie fondée sur le respect des valeurs auxquelles elle a ajouté la laïcité, concept mal compris dans de nombreux pays et pourtant d’une actualité criante. Pour notre orateur, la France manque de réalisme en basant sa politique extérieure trop souvent sur ces valeurs et devrait plus utiliser la diplomatie, art du compromis et des relations calculées, adaptée à une puissance devenue moyenne dans un ensemble européen à 27 ingouvernable, face à de grandes puissances cherchant à s’imposer auprès des nations émergentes. Selon Jean de Gliniasty, la tentative d’annexion de l’Ukraine est un énorme gâchis qui aurait pu être évité si la France et l’Allemagne avaient persévéré dans leur diplomatie de médiation avec la Russie commencée dès la crise géorgienne de 2008. Un constat bien regrettable. 

De nombreuses questions ont suivi cette présentation claire, émaillée de dates et de faits précis de notre orateur que nous avons quitté à regret.

Olivier Bossan