Le 15 février prochain, Edina Pulaï, qui succèdera à Robert Shebeck à partir du 1er juillet 2026, viendra se présenter à la paroisse lors du culte familles. Sans que les protagonistes le sachent, le lien d’Edina avec notre paroisse a commencé il y a déjà bien longtemps …
Un certain 20 juillet 2014, Edina Pulaï, pasteure hongroise, en ministère à Saintes-Sud-Saintonge, préside le culte franco-hongrois pour un baptême, 19 rue Cortambert. Gill Daudé ayant répondu favorablement à sa demande d’accueil. Près de seize ans plus tard cette même Edina Pulaï (46 ans), devenue franco-hongroise entre temps, arrivera dans notre paroisse, le 1er juillet prochain, afin de prendre la suite de Robert Shebeck. Edina veut y voir un signe de la grâce. « Les voies du Seigneur sont impénétrables, il n’y a pas de hasard », se plaît-elle à dire.
Edina Pulaï est née dans une famille protestante à Kaspovár au sud-ouest de la Hongrie, tout près du fameux Lac Balaton que les Hongrois appellent « notre mer intérieure ». La Hongrie où le christianisme est bien implanté avec 50% de catholiques et 20% de protestants. Sa famille est pratiquante mais c’est plutôt du côté maternel qu’il faut chercher la transmission. « Dans mon enfance, les femmes et les hommes étaient séparés durant les cultes sur des bancs qui se faisaient face, » se souvient-elle amusée. Des études secondaires dans un lycée réformé. Une année d’informatique, une autre à la Faculté d’élevage de l’Université des sciences agricoles pendant laquelle Edina fréquente l’église réformée d’à côté. « J’y ai rencontré la jeune femme pasteure en poste. Cette rencontre restera liée à ma vocation, le visage du Christ que l’on trouve sur un chemin de vie. Des hommes et des femmes se sont engagés avant nous et mettent les autres en route, » raconte-t-elle1. Ceci expliquant cela, Edina entre à l’université de théologie réformée en 2000 pour six années en cumulant avec des études de lettres et de sciences humaines.
A la fin de ce cursus, notre future pasteure souhaite une ouverture théologique, ecclésiale et, en dépit de la peur de l’inconnu, postule pour une bourse qu’elle obtient auprès de la Fondation pasteur Eugène Bersier. Dans son for intérieur, Edina pensait pouvoir aller à Genève. Mais c’est à l’Institut Protestant de Théologie de Paris qu’elle est envoyée en 2006 : « Pourquoi m’envoie-t-on en France, il n’y a pas de protestants », se demande-t-elle. Et son chemin de continuer en expériences et découvertes à l’IPT de Paris.
Durant ce temps parisien, notre étudiante travaille à Fréquence Protestante où elle rencontre des pasteurs dont les témoignages lui permettent de revisiter sa propre vocation pastorale afin d’envisager un ministère dans l’Eglise réformée. Tout d’abord en Ariège, avec quatre lieux de culte, puis à Saintes-Sud-Saintonge et ses sept lieux de culte. « Un milieu rural qui me rappelle ma jeunesse. En France, les régions sont très différentes les unes des autres. En Ariège, j’ai été émerveillée par la beauté de la nature, j’ai eu l’impression de découvrir un autre monde. Puis en Charente-Maritime, la découverte de l’esprit protestant dans l’architecture dépouillée des églises romanes. Ces expériences sont gravées par les rencontres et l’envie de découvrir l’autre, de partager les points communs autour de la foi. Là où l’on passe, on garde les liens. Mon fil rouge reste la rencontre et les visages. »
En juillet 2019, Edina Pulaï arrive à l’Église protestante unie de Lyon-Ouest-Change, l’une des quatre églises de cet ensemble « où, pour la première fois, je travaille vraiment en équipe pour ma plus grande joie », apprécie-t-elle. Nouveau rythme, nouvelles attentes, grande diversité sociale et ecclésiale. Du reste, Edina s’engage dans l’aumônerie, en tant qu’aumônier réserviste des armées à Lyon et aux Jeux Olympiques de Paris en 2024. Et le lien avec notre paroisse de se confirmer puisque notre future pasteure y rencontre Patricia Shebeck et y retrouve Denis Heller, également aumôniers. Denis Heller qui la remplaçait déjà en Charente-Maritime durant ses vacances. Jusqu’à Olivier Putz : « Nous avons travaillé ensemble au Conseil Régional de la région Ouest lorsqu’Edina était en poste à Saintes. Et nous avons effectué une formation à l’Ecoute active en 2024. Ce qui nous a permis de mieux nous connaître et savoir que nous pouvions faire équipe. Même si nous ne savions pas encore que nous deviendrions collègues dans une même paroisse », rappelle Olivier. La boucle est bouclée. Edina Pulaï, que nous allons rencontrer lors du culte familles du 15 février se réjouit de l’accueil du conseil presbytéral. « J’ai senti la bienveillance, la confiance, le dynamisme et l’intérêt des uns pour les autres. Je suis heureuse d’entrer dans cette nouvelle dynamique. Pour la première fois, je vais travailler en binôme pastoral. N’oublions pas que Jésus envoyait se disciples deux par deux. Ce qui construit vos racines se poursuit. »
Marie Piat
- Dans les années 2000, l’Eglise réformée hongroise compte déjà 50% de femmes pasteures. ↩︎