Ce dimanche 15 février nous avons célébré les 70 ans de notre association d’Entraide avec celles et ceux qui la font. Retour sur ce moment de fête en Eglise !
Les paroissiens sont venus nombreux pour ce culte-famille de février pour célébrer cet anniversaire de 70 années d’engagement pour la diaconie dans notre paroisse. La tribune du temple était remplie de bénévoles heureux portant leur traditionnel foulard orange. Cet élan d’accueil et de partage a été rappelé par plusieurs interventions rappelant l’histoire de notre association d’Entraide, les perspectives pour son avenir, dans un monde toujours plus marqué par la précarité.
Les visages aussi ont été mis à l’honneur. Dans sa présentation, Edina Pulaï, qui nous rejoindra au 1er juillet, a rappelé l’importance des visages des communautés avec lesquelles elle a cheminé, se réjouissant de découvrir les nôtres très bientôt. Les photos des bénévoles d’hier et d’aujourd’hui, prises au gré des moments de vie de notre Entraide, ont aussi témoigné de l’importance de cette chaîne humaine. Plusieurs bénévoles ont contribué à la liturgie. Enfin, le texte du jour a mis face-à-face Elie et la veuve de Sarepta (1 Rois 17,1 à 16) pour questionner l’accueil de l’autre, la confiance qui sauve quand la farine et l’huile viennent à manquer. L’accueil et le don deviennent alors source d’espoir et d’espérance. C’est aussi cela qui est vécu dans notre Entraide. Dieu peut utiliser des moyens inattendus pour susciter le partage, comme il l’a fait avec la veuve de Sarepta. Chacun de nous est cette veuve que Dieu appelle à se mettre en mouvement pour entrer dans la danse du partage. Quand nous lui faisons confiance, il multiplie ce que nous pouvons partager, comme l’huile et la farine de la veuve. C’est ainsi que se dresse un rempart contre la peur qui isole et empêche le partage, pour nous ouvrir à ce geste universel de l’accueil et du partage qui sont à la source de notre Entraide.
Et pour témoigner de ce partage, l’Entraide a invité l’assemblée à partager un moment convivial à l’issue du culte, apprécié de tous. Un grand merci !
L’histoire de l’Entraide retracée par Sophie Monod
« 70 ans… Pour une association, c’est respectable. Pour l’Entraide, c’est surtout la preuve qu’elle n’a jamais pris sa retraite. Ce que nous fêtons surtout aujourd’hui, ce sont de très nombreuses années d’engagement collectif. En vérité, sous l’impulsion du pasteur Marc Boegner et son épouse un service d’Entraide existait déjà depuis l’après-guerre afin de venir en aide aux nombreuses familles en difficultés, souvent des femmes et des enfants mais c’est lors de l’Assemblée Générale du 11 mars 1956 que l’Entraide de l’Église Réformée de l’Annonciation voit officiellement le jour. À l’époque, pas d’e-mails, pas de WhatsApp, pas de tableaux Excel partagés…mais déjà une idée très moderne : se mettre ensemble pour aider. Afin de préparer cet anniversaire, je me suis plongée dans les comptes-rendus d’Assemblées Générales et conseils tenus avec une fidélité remarquable depuis la création de l’association afin de retracer dans les grandes lignes l’histoire de l’Entraide.
Très vite l’Entraide s’organise, se structure, se dote d’un conseil et surtout d’une vision claire portée par des femmes et des hommes convaincus que la foi se vit dans le service, l’écoute et la solidarité. On regroupe l’accueil, le vestiaire, le plus ancien service de l’Entraide et l’ouvroir, ce fameux service de couture et tricot ou l’on recoud, répare ou confectionne des couvertures à partir de petits carrés de laine. Dans les années 60, l’Entraide devient un véritable couteau suisse de la solidarité : on visite, on tricote, on coud, on lave, on transporte, on distribue du charbon, des meubles, des colis…Chaque service raconte une époque mais aussi une fidélité. Puis rapidement, l’Entraide regarde au-delà de la paroisse : rapatriés d’Algérie, personnes âgées du quartier, familles en difficulté…La porte est ouverte, et elle le restera. Dans les années 70 et 80, elle s’intensifie encore : Les permanences d’accueil battent leur plein, les cousines, personnes âgées du quartier, se réunissent régulièrement, le vestiaire prend de l’ampleur et en 1985 la première brocante voit le jour alimentée par tous les dons en meubles et différents objets de paroissiens mais aussi de voisins du quartier. Dans les années 1995, avec la création de la Banque Alimentaire dont l’Entraide bénéficie, les colis alimentaires distribués derrière un petit comptoir se transforment en épicerie solidaire. On ajuste, on recommence, on s’adapte, on invente de nouvelles réponses.
Et surtout, l’Entraide ne fait jamais cavalier seul : les partenariats se multiplient, les entraides des différentes paroisses du XVIème se coordonnent, convaincues que la solidarité se construit ensemble et sur l’impulsion de celles-ci différentes associations caritatives voient le jour comme Solidarité Logement, la Halle Saint Didier, ou l’ACE. Les années passent, les pasteurs se succèdent, les responsables aussi mais l’esprit, lui, reste. Dans les années 2000, il est toujours bien vivant lorsque arrivent les années Covid, là encore l’Entraide s’adapte mais ne ferme pas et devant l’urgence de la situation de nombreux nouveaux bénévoles, parfois très jeunes viennent prêter main forte afin de renforcer une équipe éclaircie. Et c’est ainsi qu’au fil du temps, l’Entraide reçoit avec soulagement le soutien indéfectible des paroissiens toujours plus nombreux pour venir participer aux différents temps forts que sont les ventes, les braderies brocantes ou bien les collectes de la banque Alimentaire qui peuvent mobilisées plus de 100 personnes ou bien animer des ateliers couture, peinture ou cuisine ou encore renforcer les équipes.
Aujourd’hui, l’Entraide a su garder sa vitalité et son enthousiasme, je laisserai Agnès Lengereau notre présidente vous en parler.
Alors ce qui frappe quand on relit ces 70 ans, ce n’est pas seulement la diversité des actions, c’est la continuité humaine. Des personnes qui ont données du temps, de l’écoute, des bras, parfois juste quelques heures… mais toujours avec le cœur. À force d’en lire la liste, on se dit une chose : l’Entraide n’est pas une institution figée. C’est cette chaîne humaine, ininterrompue, solide, vivante, donc chacun de vous est un maillon.
Et si elle est encore là aujourd’hui, ce n’est pas par hasard. C’est parce que, depuis 1956, il y a eu une volonté de répondre à la fragilité par la présence, à la précarité par l’accueil, à la solitude par la relation. Alors pour ces 70 ans, un immense merci à toutes celles et ceux qui ont fait cette histoire et merci à celles et ceux qui la feront vivre demain. »








