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42 pages perdues du Nouveau Testament retrouvées

Un article du journal Réforme du 5 mai 2026. Une équipe de chercheurs est parvenue à récupérer 42 pages dissimulées dans le codex H, l’un des manuscrits du Nouveau Testament les plus importants au monde.

La découverte est qualifiée d’inestimable. Dans un communiqué, l’Université de Glasgow annonce qu’une équipe internationale de chercheurs a réussi à retrouver 42 pages perdues de l’un des plus importants manuscrits anciens du Nouveau Testament : le Codex H. Un texte important pour la compréhension des Écritures chrétiennes. Dirigée par le professeur Garrick Allen, l’équipe rappelle que le manuscrit est une copie des Épîtres de Paul datant du VIe siècle. Il avait été “perdu” au XIIIe siècle, au monastère de la Grande Laure, sur le mont Athos, en Grèce. Ses pages avaient alors été réencrées et réutilisées comme matériau de reliure et pages de garde pour de nombreux autres manuscrits. Une pratique courante à cette époque. Si bien qu’aujourd’hui, les fragments qui ont survécu sont dispersés dans des bibliothèques de par le monde. On en retrouve en Italie, en Grèce, en Russie ou encore en Ukraine et en France. 

Dans le communiqué, Garrick Allen revient sur le processus qui a conduit à cette découverte : “La percée est venue d’un point de départ crucial : nous savions qu’à un moment donné, le manuscrit avait été réencré. Les composés chimiques contenus dans la nouvelle encre ont provoqué des dommages par ‘transfert’ sur les pages en vis-à-vis”. Le phénomène a créé une image miroir du texte figurant sur la feuille opposée, laissant parfois des traces sur plusieurs pages. Si elles étaient à peine visibles à l’œil nu, les techniques d’imagerie les plus récentes les ont révélées très nettement.

Garantir l’exactitude historique

“En partenariat avec l’Early Manuscripts Electronic Library (EMEL), les chercheurs ont utilisé l’imagerie multispectrale pour traiter les images des pages existantes, afin de récupérer le texte ‘fantôme’ qui n’existe plus physiquement, récupérant ainsi efficacement plusieurs pages d’informations à partir de chaque page physique”, précise le chercheur. Puis, afin de garantir l’exactitude historique, l’équipe a travaillé avec des experts basés à Paris pour effectuer une datation au radiocarbone. “Elle a confirmé l’origine du parchemin au VIe siècle”, poursuit-il.

Si le texte retrouvé contient des passages connus des Épîtres de Paul, la découverte offre “un aperçu unique de la manière dont le Nouveau Testament a évolué” au fil des siècles. Ainsi, “les 42 pages contiennent les plus anciens exemples connus de tables des chapitres des Épîtres de Paul, qui diffèrent considérablement de la manière dont nous divisons ces lettres aujourd’hui”. L’avancée historique apporte également un éclairage nouveau sur les personnes qui ont réalisé et utilisé ce manuscrit. Elle met également en lumière la manière dont les gens interagissaient avec leurs textes sacrés et réutilisaient les livres étaient réutilisés une fois qu’ils tombaient en ruine.

Les progrès ne s’arrêtent pas là, si une nouvelle édition imprimée du Codex H est en préparation, une édition numérique est accessible gratuitement en ligne. Elle permet au grand public et aux chercheurs de découvrir les pages mises au jour pour la première fois depuis des siècles.