Culte chaque dimanche à 10h30
19 rue cortambert 75116 Paris

Culte chaque dimanche à 10h30

Les associations comme antidote à la solitude

Dans son édition du 17 septembre dernier, Réforme alerte sur le cri d’alarme du secteur associatif protestant qui traverse une crise budgétaire sans précédent. Dans son éditorial, Antoine Nouis, conseiller théologique de Réforme, rappelle l’importance du tissu associatif, notamment en ce qui concerne les problèmes de solitude.

À l’heure où nous fêtons les 125 ans de la loi de 1901, il faut entendre ce que la liberté d’association a apporté à notre pays. Elle a été un facteur déterminant dans l’émergence d’une société civile dynamique (syndicats, clubs sportifs, œuvres caritatives, mouvements culturels…) en permettant aux citoyens de s’organiser librement. Les associations ont été des lieux de socialisation et des occasions d’engagement au service de différentes causes. Comme toutes les institutions intermédiaires, les associations relèvent de la respiration d’une société.

De nos jours, de nombreuses associations connaissent des difficultés car les financements publics sont revus à la baisse, et elles comptent moins de militants du fait d’une crise de l’engagement que l’on retrouve aussi dans les Églises, les partis politiques ou les syndicats. 

Dans les années 1960, la France avait deux grands lieux de socialisation : l’Église catholique et le Parti communiste. Ces deux organisations avaient une presse, des centres de formation, des mouvements pour les enfants et les jeunes, des occasions de rencontre et d’engagement, ils offraient des raisons de vivre qui aidaient à supporter les difficultés de la vie. Aujourd’hui, ces deux mouvements ont beaucoup perdu de leur surface sociale, et les individus se retrouvent seuls face à leur ordinateur, à leur patron et à leur consommation, ils se retrouvent seuls dans leurs automobiles, et les cafés ferment les uns après les autres.

La fragilisation du tissu associatif s’accompagne de la montée de la solitude, qui est un marqueur de la modernité relevé par de nombreuses études. Elle touche particulièrement les plus fragiles, les personnes âgées, les chômeurs, les travailleurs pauvres et les jeunes en situation de vulnérabilité avec un coût social et économique, car la solitude pèse aussi sur les systèmes de santé et sur la dynamique des entreprises.

Une des explications du succès des Gilets jaunes est que les hommes et les femmes qui y ont pris part ont retrouvé des lieux de rencontre, d’amitié et de combat sur les ronds-points, où ils ont pu exprimer et partager leurs difficultés de vivre. Si le mouvement a fait long feu par lassitude et par manque d’organisation, les raisons qui l’ont provoqué demeurent. La montée des solitudes est un défi et une opportunité pour les associations et les religions qui peuvent apporter un peu d’amitié et des raisons de s’engager dans un monde anxiogène trop souvent perçu comme hostile.

Antoine Nouis, conseiller théologique

Editorial publié sur Réforme.net; Image par Pexels de Pixabay