À l’heure où notre paroisse vit une transition pastorale, un article de la Presse régionale protestante éclaire les enjeux de que traverse l’ensemble de l’EPUdF.
Une équation difficile
Chaires vides, paroisses « orphelines », pasteurs débordés : le protestantisme français traverse une vraie tension sur la question des ministères. Nicolas Boutié le documente dans un dossier récent de la Presse régionale protestante : chaque année, environ dix nouveaux ministres sont admis dans l’EPUdF, tandis qu’une quinzaine partent à la retraite. Conséquence : en 2026, près de 15 % des paroisses n’ont pas de pasteur résident, et les ministres en poste accumulent les suppléances au risque d’un épuisement qui rend la vocation encore moins attractive.
Le discernement avant tout
La Commission des ministères (CDM) n’est pas une direction des ressources humaines : c’est une instance de discernement spirituel et théologique. Après un master professionnel (bac+5), les candidats entrent dans un « proposanat » de deux ans. C’est un exercice en pleine responsabilité dans une paroisse, sous accompagnement de la CDM. Formation et discernement vont de pair, rappelle sa présidente, la pasteure Dominique Imbert.
Un profil qui a changé
Les candidats au ministère viennent désormais souvent d’une reconversion professionnelle. Cadres, enseignants, soignants, parfois quadragénaires, issus d’autres Églises ou de l’athéisme. Une richesse, mais aussi deux défis : une durée de ministère plus courte, et une mobilité géographique souvent compliquée.
Vers une Église moins « pastoro-centrée »
Lors du Synode national de Sète (mai 2025), l’EPUdF a décidé de diversifier les ministères. Un nouveau ministère de diacre prend forme, avec une formation théologique de deux ans en alternance prévue pour septembre 2027, pour des missions d’animation jeunesse, d’action sociale ou d’aumônerie. L’idée est de ne plus tout faire reposer sur une seule personne.
Et chez nous ?
Cette question nous concerne aussi car nous vivons à l’Annonciation une transition qui nous invite à réfléchir ensemble à ce que signifie « faire Église » au-delà du seul ministère pastoral. Laïcs, prédicateurs bénévoles, animateurs de groupes, équipes d’entraide : ce tissu de vie partagée devient fondamental.
Comme le conclut Nicolas Boutié : l’Église de demain sera sans doute moins verticale, et plus riche d’une pluralité de ministères partagés. Une invitation à accueillir comme une grâce.