Culte chaque dimanche à 10h30
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Temps pour la Création : Et si on plantait un pommier quand même ?

Le Temps pour la Création se déroule chaque année du 1er septembre au 4 octobre pour les communautés chrétiennes. Ce temps œcuménique propose à tous les chrétiens de se prier et d’agir pour prendre soin de la Création, autour d’une parole. Théovie nous en parle.
L’été que nous venons de vivre

Chacun a son été en mémoire. Et d’abord les mêmes images : les jours où l’air ne bougeait plus, la forêt qui brûlait, les rivières réduites à des filets d’eau, les arrêtés de restriction d’eau qui se sont ajoutés les uns aux autres. Ce qui inquiète n’est peut-être pas seulement l’intensité, mais la répétition. Un été de tous les records en appelle un autre, et avec lui s’installe la conviction, largement martelée, que nous ne sommes pas face à un accident de saison, mais sur une pente désormais bien engagée.

Et puis il y a ce qui se passe en nous, plus difficile à dire. On s’habitue. Ou plutôt, on cherche la sécurité de l’habitude. On râle, on ferme les volets, on envisage peut-être une climatisation, et on continue. Non pas parce que ce serait normal, mais parce que quelque chose s’installe doucement, qui ressemble à de la résignation. Alors une question, posée sans reproche : s’habituer, est-ce se protéger, ou déjà un peu renoncer ?

Et le monde était d’abord un don?

En ce moment même, pourtant, autre chose se joue. Du 1er septembre au 4 octobre, les chrétiens du monde entier — catholiques, orthodoxes, protestants — célèbrent le Temps pour la création.

On y redit que le monde ne nous appartient pas : qu’il nous précède, qu’il nous est donné. C’est cela la grâce : ce qui nous est donné avant que nous ayons pu le gagner, le mériter ou le rembourser. Elle nous rappelle pourtant quelque chose de fondamental : le monde ne commence pas avec nous.

Et cette année, le thème retenu est la promesse d’une eau vive (Ézéchiel 47) : une source qui jaillit du Temple, devient torrent, et sur ses rives, des arbres fruitiers « dont le feuillage ne se flétrira pas et les fruits ne s’épuiseront pas ». Après un été de manque, il est peut-être bon de se souvenir que le manque n’est pas toute la réalité.

La gratitude n’est pas une obligation : elle devient possible lorsque nous reconnaissons le don.

Alors, que faisons-nous de ce qui nous est donné?

On connaît la phrase attribuée à Luther — probablement apocryphe : « Même si je savais que demain était la fin du monde, je planterais quand même un pommier. » Elle n’est pas naïve. Planter un pommier, ce n’est pas nier la catastrophe. Ce n’est pas prétendre que tout ira bien. C’est faire quelque chose dont on ne verra peut-être même pas le fruit.

C’est peut-être cela, espérer.

La phrase dit encore autre chose : que ce que nous faisons ne consiste peut-être pas à rendre ce que nous avons reçu, mais à le transmettre.

Et si ?

C’est ce que Théovie vous propose cette rentrée : lire, échanger, espérer. Quatre étapes pour relire, sans déni ni désespoir, ce que la Bible dit de la création, de nos richesses et de nos peurs — dont la dernière, intitulée « La fin du monde et… un petit pommier ». Seul, en famille ou à plusieurs : on commence par une étape, quand vous voulez ?

À écouter — Notre émission de rentrée « L’Instant Théovie » (FM+ Montpellier) : l’écologie et la Bible, avec Corinne Bitaud (Église protestante unie, mission Écologie et Justice Climatique)

Pour aller plus loin : vous pouvez approfondir la réflexion avec le parcours « Écologie et ce que la Bible en dit… (ou pas !) », et en particulier son étape « La fin du monde et… un petit pommier »

Théovie est le service de formation biblique et théologique de l’Église protestante unie de France (EPUdF). Théovie propose gratuitement une formation sur les grands thèmes de l’existence à partir du message de la Bible. Il apporte des éléments de réflexion enracinés dans la théologie et la spiritualité protestantes, mais aussi en dialogue avec la culture. Accessible à tous, Théovie invite chacun.e à une démarche d’acquisition de connaissances, de réflexion personnelle et de recherche spirituelle. Théovie offre un itinéraire de formation libre et individualisé, avec possibilité d’un accompagnement.

Image par Susanne Stöckli de Pixabay